QUAND C’EST DIFFICILE DE…

 » On aime partager nos victoires car de cette façon, nous pouvons tromper notre égo. « 

Je suis à ce moment précis dans mon camion, sur le côté conducteur, en train de boire une Desperados et d’avouer que j’ai probablement raté, dans plusieurs de mes choix, sur beaucoup de mes attitudes.

Je suis loin d’être bourré : c’est ma première et j’en suis à la deuxième gorgée.

Je sors à peine du théâtre. Il avait quelques billets vendus mais, attention… PERSONNE N’EST VENU !

C’est bien ça : théâtre vide. La location est payé par moi, la publicité aussi…

Je dois faire semblant, professionnellement parlant car un artiste ou entreprise qui accumule des échecs est probablement une mauvaise entreprise ou artiste qui fait pitié.

37 ans ! J’ai passé toute ma vie à prouver que je suis bon et que j’ai mérité la confiance du public.

J’ai absolument tout donné : je ne dors pas beaucoup, j’ai investi tout l’argent que j’ai gagné… Mon temps, ma vie, mes efforts sont dédiés à être un meilleur artiste pour toujours épater le GRAND PATRON : LE PUBLIC.

La vie de rêve serait d’être totalement indépendant. Lancer un projet et avoir un public qui s’intéresse, qui me soutien. Mais je suis loin de là…

MA RELATION AVEC LE PUBLIC est une relation vraiment TOXIC : ce n’est jamais assez, ce n’est jamais bien, il manque toujours quelque chose.

Avec les entreprises, j’ai trop souvent ouvert ma grande gueule. J’ai choisi d’être fidel à mes principes. Aujourd’hui j’en paie le prix. Ben oui : c’est beaucoup plus simple de se faire exploiter et ne rien dire, faire semblant que tout vas bien.

J’ai crû qu’en faisant le bien, en aidant les gens, en croyant en mes rêves, en travaillant pour devenir plus fort, en respectant l’autre et en ne prenant jamais la place de l’autre, j’allais réussir.

J’ai eu plein des couteaux sur le dos, ceux qui n’aident personne ce sont ceux qui maintiennent le monopole du marché, travailler plus ne change rien et beaucoup  » d’amis  » on pris ma place car je me battait pour tout le monde.

Je rêve du jour où je serai respecté et soutenu par un public qui aime mon art et tout ce que je fais pour lui. Je rêve de pouvoir changer le monde avec mon art. Je rêve de réussir… Que des rêves.

Il est fort temps d’assumer que si j’étais un grand artiste, le public serait là, sans que je le demande. Si j’étais un artiste incroyable, j’aurais des contrats facilement, sans arrêt. Si j’étais compétent, tout le monde m’appellerait pour une collaboration et si mes idées étaient vraiment intéressantes, mes réseaux sociaux seraient avec des millions de fans.

J’accepte cette défaite et je me réserve le droit de cogiter d’arrêter, de tout laisser tomber. Reprendre une vie normale, comme avant et d’avoir un boulot conventionnel.

Voilà ! Maintenant que j’ai joué le jeu des perdants et que pendant une seconde j’ai fait plaisir aux jaloux et ceux qui prient ma défaite, RDV semaine prochaine, au même endroit où je me suis fait massacrer ce soir.

It’s all about love.

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